Vous voulez vivre d’internet, sans promesses creuses. Vous cherchez une méthode sobre. Vous refusez la mise en scène.
André Dubois partage une approche pragmatique. Il construit des revenus en ligne depuis 2013. Il a lancé Trafic Mania en 2015. Il gère aussi d’autres projets de niche. Son fil rouge reste simple : créer du contenu utile, vendre des produits solides, et recommencer.
Dans cet échange, il détaille ses choix, ses erreurs, ses routines. Il explique aussi pourquoi l’IA ne signe pas la fin du blogging. Il montre comment vendre sans manipulation. Et il revient sur ce qui fait vraiment réussir : la ténacité.
Qui est André Dubois ?
André Dubois vit de l’infopreneuriat depuis 2013. On le connaît surtout pour Trafic Mania. Ce projet a commencé comme un blog. Il s’appuie aujourd’hui beaucoup sur YouTube. Son catalogue de formations est vaste.
Mais André n’a pas toujours évolué dans le marketing. Il a d’abord créé un site de niche sur le tir sportif. Il a ensuite lancé un autre site sur le judo, avec son professeur. Cette expérience l’a convaincu d’une chose : on peut gagner sa vie en dehors du marketing.
Aujourd’hui, il consacre environ 95 % de son temps à Trafic Mania. Il conserve son site de tir sportif comme revenu complémentaire. Il y publie un contenu gratuit par semaine. Il envoie quelques emails. Il fait tourner son catalogue. Le tout, avec très peu de temps investi.
Comment il est tombé dans l’entrepreneuriat web
André découvre le web business en 2010. Il est salarié. Il vend sa maison et encaisse une plus-value de 20 000 €. À l’hôtel, dans une nouvelle région, il s’ennuie. Il tape “comment investir sur internet”. Il tombe sur des blogs. Il observe un modèle fascinant : contenu gratuit, communauté, puis cours payants.
Il teste ensuite un premier site généraliste sur le recrutement. Échec. Mauvais positionnement. Marché trop large. Pourtant, cette tentative lui apprend WordPress. Elle lui donne surtout une méthode : publier, analyser, ajuster.
Un jour, il repère un besoin dans un loisir : le tir au plateau d’argile. Peu de moniteurs. Beaucoup de pratiquants livrés à eux-mêmes. Il apprend, pratique, progresse, puis publie. Son blog démarre vite. Il pense pourtant que le marché est trop petit. Il se trompe.
En juin 2013, il perd son emploi. Il décide de monétiser le site de tir. Il passe l’été à créer un ebook, pensé comme un cours. En septembre, il lance. Et ça marche. Depuis, il vit du digital.
Vendre du digital dans une niche “gestuelle” : l’astuce de la tablette graphique
Beaucoup imaginent qu’un produit numérique exige une thématique “intellectuelle”. André prouve l’inverse. Dans le tir sportif, il faut apprendre un geste technique. Le texte décrit mal un mouvement. La vidéo pose aussi des contraintes. Le geste est rapide. La sécurité limite les angles.
Il choisit donc un support hybride : la tablette graphique. Il dessine des schémas. Il place des flèches. Il simplifie les trajectoires. Il explique sans filmer le tireur.
Cette idée vient d’un formateur qui utilisait déjà ce format. André l’adapte à sa niche. Il constate un avantage décisif : la production devient rapide. Le contenu reste pédagogique. Et l’offre devient vendable.
Moralité : le bon format dépend du sujet. Pour le judo, André privilégie la vidéo. Il faut montrer les corps. Pour le tir, le schéma suffit. Vous devez choisir un média qui sert la compréhension, pas votre ego.
Sa spécialité : l’écrit, et une pédagogie “comment on fait”
Sur Trafic Mania, André se distingue par la qualité de ses contenus écrits. Avant l’IA, il passait trois jours sur un article de 3000 mots. Il soignait le style. Il détaillait les étapes. Il donnait des exemples concrets.
Pourquoi ce parti pris ? Parce qu’il voyait surtout, à l’époque, un marketing de lifestyle. Beaucoup promettaient une vie idéale. Peu expliquaient la mécanique. André choisit l’opposé : montrer le chantier. Décrire l’exécution. Assumer la technique.
Ce positionnement crée une tonalité. Il attire un public différent. Il génère moins de viralité. Mais il apporte plus de confiance. Et la confiance convertit mieux que le bling.
Se faire une place aujourd’hui : la stratégie de l’ultra-spécialisation
Le marketing digital est plus concurrentiel. André observe un schéma récurrent chez les nouveaux entrants : dominer un seul canal. Puis monétiser ce résultat.
Exemple : devenir très fort sur LinkedIn. Obtenir une audience visible. Lancer ensuite une formation LinkedIn. Utiliser la preuve sociale comme levier.
Cette logique vaut aussi sur YouTube, Instagram, X, ou TikTok. Vous pouvez aussi acheter du trafic. Vous pouvez aussi faire des interviews. Mais André insiste : la dispersion tue l’élan. La spécialisation donne une rampe de lancement.
Ensuite, vous élargissez. Vous ajoutez un second canal. Vous diversifiez vos offres. Mais vous commencez avec un angle clair. Un média fort. Et des premiers résultats.
Trouver une niche rentable : cherchez un besoin, pas une idée “vierge”
André ne conseille pas de traquer la niche secrète. Il propose un réflexe plus simple : regarder les loisirs. Chaque loisir cache une demande d’amélioration. Pêche, fléchettes, ping-pong, tricot, aquariophilie, trail, chant, modélisme. Partout, des débutants veulent progresser.
Vous pouvez aussi entrer dans un marché concurrentiel. Dans ce cas, vous devez travailler votre différenciation. Votre angle. Votre méthode. Votre personnalité.
Vous pouvez même démarrer en “débutant enthousiaste”. Vous documentez votre progression. Vous synthétisez. Vous proposez plus tard une formation. C’est plus long. Mais c’est viable.
L’IA signe-t-elle la fin du blogging ?
André répond non. Il nuance. L’IA accélère la production. Elle facilite le remplissage. Mais elle n’assure pas l’impact.
Avant l’IA, certains achetaient des articles low cost. Ils publiaient des dizaines de textes médiocres. Ça ne convertissait pas. Le contenu ne créait pas de lien. Il ne fidélisait pas. Il ne motivait pas. Il ne faisait pas vendre.
Aujourd’hui, ChatGPT remplace ce rédacteur low cost. Le risque reste identique : publier du fade. Obtenir du trafic tiède. Vendre peu.
Ce qui déclenche l’achat reste humain : l’inspiration, l’exemple, la simplification, la structure, la motivation. L’IA aide à produire plus vite. Elle ne remplace pas une stratégie. Elle ne crée pas votre différenciation. Elle n’invente pas votre expérience.
Conclusion : ce n’est pas la fin des formations. C’est la fin de certaines formations. C’est la fin d’une pédagogie creuse.
Promotion de contenu : trois leviers, et un retour à la prospection
André rappelle une vérité oubliée : publier ne suffit pas. Au début, la promotion est indispensable. Et elle peut être pénible.
Il cite trois familles de leviers :
- L’algorithme : vous maîtrisez un canal. Vous comprenez ses codes. Vous publiez. YouTube vous pousse.
- L’argent : publicité, guides gratuits, capture email, acquisition maîtrisée.
- La prospection : démarchage, partenariats, interviews, articles invités.
André a beaucoup utilisé la prospection. Il envoyait des emails personnalisés à des blogueurs actifs. Il récupérait des abonnés newsletter. Il a aussi appliqué des méthodes de netlinking. Il contactait des sites qui liennaient vers des contenus moins complets. Il proposait son article plus riche.
Il donne aussi un exemple hors ligne. Sur le tir sportif, il a imprimé des mini-calendriers. Il les a envoyés à des clubs. Il a demandé la distribution aux membres. Résultat : des inscriptions.
Vous pouvez donc sortir du web. Vous pouvez traiter votre projet comme une vraie prospection commerciale. Le digital n’interdit pas le terrain.
Vendre sans “Ferrari Rolex” : une question de personnalité et de long terme
André critique le marketing ostentatoire. Il le voit comme une surenchère. Une spirale sans fin. Vous montrez une Rolex. Puis une Porsche. Puis une villa. Puis un jet. Le décor devient une preuve. Mais la preuve peut être fausse. Et la course vous enferme.
Lui préfère une autre promesse : la compétence. Il parle peu de sa vie privée. Il vend une méthode. Il vise une audience qualifiée. Il accepte de faire moins de vues. Il cherche plus de clients.
Il évoque aussi un point important : les pages de vente agressives décrédibilisent. Les prix barrés absurdes cassent la confiance. Il préfère une vente claire : problème, solution, contenu, prix, choix.
Lancer ses formations : l’ouverture-fermeture plutôt que la promo permanente
André explique un principe simple : les gens ont besoin d’une raison d’acheter. Un catalogue ouvert en continu vend rarement. Il existe alors deux approches :
- La baisse de prix : produit à 200 €, parfois à 100 €.
- L’ouverture-fermeture : produit fermé, puis ouvert à 200 €.
André préfère l’ouverture-fermeture. Les promos régulières entraînent un comportement d’attente. Le public n’achète plus au prix normal. La marque s’use. Vous devez casser plus fort à chaque fois.
Avec l’ouverture-fermeture, vous préservez la valeur. Et vous gardez un levier puissant pour un vrai événement, comme le Black Friday.
Organisation : une routine simple, sans mythe de productivité
André ne dramatise pas l’organisation. Il traite ses emails chaque jour. Il évite l’accumulation. Il produit ses contenus gratuits en début de semaine. Il réserve ensuite du temps pour les payants et l’administratif.
Il filme une vidéo YouTube en 30 à 40 minutes. Il monte vite, grâce à un outil qui accélère le montage. Il a même externalisé longtemps. Il reste pragmatique.
Surtout, il suit une ligne de conduite : contenu gratuit, contenu payant, répétition. Il a testé l’affiliation. Il y voit trop de friction. Il préfère créer une formation compacte. Il vend. Il avance.
Le vrai facteur de réussite : la ténacité
André le dit sans détour : la qualité décisive, c’est la ténacité. Pas le génie. Pas le talent pur. Vous devez tenir quand c’est lent. Vous devez avancer quand c’est fastidieux.
Il voit des élèves brillants abandonner. Vacances, événements, fatigue, manque d’envie. Six mois passent. Ils n’exécutent pas. Ils stoppent. Et ils ratent une réussite probable.
À l’inverse, il observe des créateurs moyens publier 2000 vidéos. Ils produisent. Ils itèrent. Ils vendent. Ils finissent par gagner.
Vous pouvez apprendre le marketing, le copywriting, le positionnement. Vous devez surtout refuser d’abandonner trop tôt.
Réussir sa vie : reprendre la maîtrise de son temps
André raconte un souvenir marquant. Après son premier lancement réussi, il déjeune en semaine, à midi, au restaurant. Les salariés repartent à 13h10. Lui prend son temps. Il enchaîne avec une balade. Il réalise qu’il récupère la maîtrise de ses horaires.
Pour lui, la liberté compte plus que l’argent. Il vit simplement. Il reste ancré. Il refuse le théâtre.
Et si un enfant lui demande ce qu’est réussir ? Il répond avec des mots simples : un travail supportable, des amis, une famille, du temps, un équilibre.
À retenir si vous voulez gagner votre vie sur internet, sans bullshit
- Cherchez un besoin réel, même dans une petite niche.
- Choisissez le bon format pédagogique pour votre thématique.
- Spécialisez-vous sur un canal avant de vous disperser.
- Promouvez activement, surtout au début.
- Vendez avec clarté, sans manipuler.
- Donnez une vraie raison d’acheter, via des lancements maîtrisés.
- Répétez : contenu gratuit, contenu payant, itération.
- Accrochez-vous. La ténacité fait la différence.
Vous n’avez pas besoin d’une Ferrari. Vous avez besoin d’un système. Et d’un rythme que vous tenez.


