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Devenir artisan électricien et cartonner sur YouTube – avec Aurélien Labonde

Aurélien Labonde
Publié le
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Peut-on devenir artisan électricien après une école de commerce ?
Peut-on lancer une activité locale et bâtir une audience en ligne ?
Peut-on apprendre un métier manuel tout en créant un business digital ?

Aurélien Labonde répond oui à ces trois questions. Son parcours casse les codes. Il a quitté la voie classique, appris l’électricité, créé son entreprise, puis développé une chaîne YouTube très suivie. En moins de deux ans, il a dépassé les 10 000 abonnés et le million de vues.

Son histoire intéresse autant les futurs électriciens que les indépendants. Elle montre comment un métier concret peut devenir un levier de liberté, de visibilité et de revenus complémentaires.

Voici les grands enseignements de cet épisode.

Passer d’une école de commerce à l’artisanat

Aurélien n’a pas suivi une trajectoire traditionnelle. Il a fait une classe préparatoire, puis une grande école de commerce. Pourtant, il ne se retrouvait pas dans cet univers. Il cherchait déjà plus de concret, plus d’autonomie et plus d’entrepreneuriat.

Après un passage en start-up en Suisse, il subit un burn-out. Cette rupture agit comme un déclic. Il prend alors du recul et envisage deux voies : devenir professeur ou devenir artisan. Il choisit finalement l’artisanat.

Ce choix n’a rien d’un coup de tête. Il réfléchit avec méthode. Il écarte certains métiers trop physiques pour lui. Il se concentre sur le second œuvre. Il compare alors plusieurs options : menuiserie, plomberie, électricité. L’électricité lui semble offrir le meilleur compromis entre technicité, accessibilité et potentiel commercial.

Il se forme chez les Compagnons du Devoir, en alternance. Puis il enchaîne avec une nouvelle expérience en entreprise. Les débuts sont difficiles. Les relations salariales se passent mal. Il quitte finalement ce cadre pour créer sa propre activité.

Cette décision marque un tournant. Il ne veut plus dépendre d’un patron. Il préfère assumer le risque, apprendre vite et construire quelque chose à lui.

Pourquoi devenir artisan électricien attire de plus en plus

Le parcours d’Aurélien éclaire une tendance forte. Beaucoup de profils cherchent aujourd’hui un métier utile, concret et indépendant. Le métier d’artisan électricien coche plusieurs cases.

D’abord, il repose sur une compétence claire. Vous savez ce que vous vendez. Vous réparez, installez, sécurisez et améliorez un logement. Ensuite, la demande reste forte. Les particuliers rénovent, modernisent et veulent réduire leur consommation d’énergie.

Ce métier présente aussi un intérêt entrepreneurial. Vous pouvez démarrer seul. Vous pouvez facturer à la journée. Vous pouvez vous spécialiser. Vous pouvez aussi créer des offres complémentaires autour du conseil, de la rénovation ou de la formation.

Aurélien insiste d’ailleurs sur un point central : beaucoup d’artisans gagnent correctement leur vie. Le problème ne vient pas toujours du marché. Il vient souvent du manque d’organisation, du sous-pricing ou d’une prospection mal menée.

Lancer son entreprise d’électricité demande plus que de la technique

Savoir tirer des câbles ne suffit pas. Pour réussir comme artisan électricien, vous devez aussi apprendre à vendre, rassurer et vous faire connaître localement.

Aurélien l’a vécu plusieurs fois. À chaque déménagement, il doit presque repartir de zéro. Son activité dépend d’une clientèle de proximité. Contrairement à un business en ligne, un artisan travaille dans une zone géographique limitée.

Cette contrainte change tout. Elle oblige à reconstruire un réseau, à trouver des apporteurs d’affaires, à contacter des architectes, à distribuer des flyers et à activer le bouche-à-oreille.

Sa logique reste simple : créer rapidement une relation de confiance. Cette relation peut venir du réseau, de la recommandation ou de la publicité locale. Mais elle doit arriver vite.

Pour lui, la prospection terrain reste essentielle. Carte de visite, flyer, présence locale, contact direct, fiche Google, tout compte. Il veut aussi documenter ce redémarrage pour nourrir sa future formation.

Son expérience montre un point important : un artisan doit penser comme un chef d’entreprise. Il doit définir une stratégie, tester ses actions et mesurer ce qui fonctionne.

Pourquoi YouTube est devenu son meilleur levier de croissance

Aurélien a toujours aimé YouTube. Il voit la plateforme comme un moyen de partager une expérience réelle, loin des discours abstraits. Quand il acquiert enfin une compétence tangible, il trouve son angle : parler du métier d’électricien.

Sa chaîne sert deux objectifs.

Le premier est financier. Il veut générer un revenu complémentaire récurrent. Cette sécurité lui permet de choisir ses chantiers avec plus de liberté.

Le second est pédagogique. YouTube l’aide à progresser. En filmant son travail, il expose ses méthodes aux commentaires d’artisans plus expérimentés. Cette boucle de feedback accélère son apprentissage.

C’est sans doute l’idée la plus forte de l’épisode. Créer du contenu ne sert pas seulement à vendre. Cela sert aussi à apprendre plus vite.

Quand vous expliquez un geste, vous le comprenez mieux. Quand vous montrez un chantier, vous recevez des corrections. Quand vous relisez vos images, vous voyez vos erreurs. La vidéo devient alors un outil de progression professionnelle.

Les formats YouTube qui marchent dans l’artisanat

Aurélien a testé plusieurs types de contenus. Cette variété lui a permis d’identifier les forces de chaque format.

Les tutoriels attirent du trafic sur la durée. Ils répondent à une recherche précise. Ils performent parfois lentement, puis montent avec le temps. Ce sont des contenus très utiles pour la découvrabilité.

Les vlogs créent plus d’engagement. Ils donnent envie de commenter, de soutenir et de suivre l’aventure. Ils renforcent le lien humain avec l’audience.

Les vidéos business ou mindset touchent une cible plus qualifiée. Elles parlent davantage aux personnes qui veulent se mettre à leur compte. Elles intéressent moins le grand public, mais peuvent mieux convertir demain.

Sa conclusion est claire : vous devez connaître vos objectifs avant de choisir vos formats.
Voulez-vous des vues ?
Voulez-vous des abonnés ?
Voulez-vous des prospects ?
Voulez-vous progresser dans votre métier ?

Sans stratégie, vous publiez au hasard. Avec une stratégie, vous acceptez de tester un cap pendant plusieurs mois.

Son process pour publier vite malgré des journées de chantier

Publier régulièrement tout en travaillant sur chantier demande une organisation extrême. Aurélien a donc construit un système simple, mais efficace.

Il a d’abord appris à dérusher très vite. Pour cela, il utilise des repères sonores pendant le tournage. Une marque signifie qu’une prise est bonne. Deux marques indiquent qu’elle est ratée. Ce code lui fait gagner un temps énorme au montage.

Il utilise aussi des outils d’automatisation pour couper les blancs et accélérer l’édition. Sur chantier, il sépare autant que possible l’action et l’explication. Soit il parle face caméra. Soit il filme le geste, puis accélère la séquence en post-production.

Cette méthode réduit la complexité. Elle évite aussi de mélanger démonstration technique et commentaire improvisé.

Il travaille avec de petites caméras portables, fixées en point de vue. Ce choix facilite la captation dans un environnement réel, mouvant et contraint.

Le résultat reste coûteux en temps. Une vidéo de quelques minutes peut demander plusieurs heures de montage. C’est la face cachée du contenu artisanal. La vidéo paraît simple à regarder. Elle reste lourde à produire.

Comment il monétise sa chaîne YouTube

Aurélien ne vit pas encore principalement de YouTube. Son revenu principal vient de son activité d’artisan électricien. Mais sa chaîne génère déjà un complément intéressant.

La publicité lui rapporte peu. Comme beaucoup de créateurs, il juge l’AdSense limité. En revanche, l’affiliation fonctionne bien mieux. Il recommande certains outils ou logiciels qu’il utilise réellement. Cette recommandation lui apporte une commission lorsqu’un abonné passe à l’action.

À terme, il veut surtout vendre une formation. Son sujet sera clair : aider des personnes à se mettre à leur compte dans l’artisanat, notamment en électricité.

Sa stratégie suit une logique classique, mais solide.
YouTube crée la confiance.
L’affiliation finance une partie de l’effort.
La formation doit ensuite devenir le produit principal.

Cette trajectoire intéressera tous ceux qui veulent bâtir un business hybride entre terrain et numérique.

Ce que les entrepreneurs du web peuvent apprendre des artisans

L’épisode ouvre aussi une réflexion plus large. Les entrepreneurs en ligne ont beaucoup à apprendre des métiers manuels.

D’abord, les artisans connaissent la valeur des bons outils. Le bon matériel fait gagner du temps, réduit les erreurs et améliore la qualité. Cette logique vaut aussi pour le web. Un bon système, un bon logiciel ou un bon process change tout.

Ensuite, le terrain impose une responsabilité immédiate. Dans le monde physique, une erreur a de vraies conséquences. Cette réalité pousse à la rigueur, à l’humilité et à l’exécution.

Enfin, l’artisanat rappelle une évidence : la finition compte. Un client ne juge pas seulement la technique. Il juge aussi le rendu, la propreté et l’attention portée aux détails.

Les conseils les plus utiles à retenir

Aurélien partage plusieurs convictions fortes.

La première : répondez au téléphone. Beaucoup d’artisans perdent des opportunités simplement parce qu’ils ne répondent pas.

La deuxième : soignez les finitions. C’est souvent ce que le client voit en premier.

La troisième : exécutez vite. N’attendez pas dix ans avant de vous lancer. Choisissez un domaine, testez, corrigez et avancez.

La quatrième : construisez une vraie stratégie. Même imparfaite, elle vaut mieux que l’improvisation permanente.

La cinquième : utilisez la création de contenu comme accélérateur d’apprentissage. Filmer votre métier peut vous faire progresser plus vite que bien des formations.

Ce qu’il faut retenir de son parcours

Aurélien Labonde n’a pas simplement créé une chaîne YouTube sur l’électricité. Il a transformé son métier en média, puis son média en actif stratégique.

Son parcours montre qu’un artisan électricien peut faire bien plus que vendre des heures. Il peut bâtir une audience, partager son expertise, attirer des opportunités et créer des revenus complémentaires.

Il montre aussi qu’un métier manuel n’empêche pas l’ambition digitale. Au contraire, il peut lui donner une base bien plus crédible.

Si vous voulez devenir artisan électricien, son exemple donne une direction claire : formez-vous, lancez-vous, documentez votre progression et pensez comme un entrepreneur.

Le terrain vous fera apprendre. Le contenu vous fera grandir. Et la cohérence entre les deux peut devenir votre plus grand avantage SEO, business et humain.

Aurélien Labonde
Article écrit par
Aurélien Labonde est artisan électricien indépendant, entrepreneur et créateur de contenu. Spécialiste de l’électricité du bâtiment, de l’entrepreneuriat artisanal et de la reconversion vers les métiers manuels, il partage une expertise concrète issue du terrain.