Gagner sa vie avec l’affiliation – avec Nina Habault (Mademoiselle Webmarketing)

Nina Habault
Publié le
Podcast Side Project - Paul Calderone
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Vivre de l’affiliation sans créer de produit. Sans équipe. Parfois même sans se montrer. C’est exactement ce que fait Nina Habault depuis 2013. Sur YouTube, elle partage une approche simple : recommander des outils, des formations ou des produits utiles, puis toucher une commission sur chaque vente.

Dans cet article, vous allez comprendre comment elle a construit ses revenus, ses choix, ses erreurs, et ses techniques les plus rentables. Vous découvrirez aussi comment éviter les pièges du marketing “vite et fort”, tout en bâtissant un modèle plus durable.

L’affiliation, c’est quoi exactement ?

Le marketing d’affiliation consiste à promouvoir un produit que vous n’avez pas créé. Vous partagez un lien traqué. Quand une personne achète via ce lien, vous recevez une commission.

L’avantage est immédiat :

  • pas de stock,
  • pas de support client,
  • pas de livraison,
  • pas de produit à concevoir.

Nina résume la logique ainsi : vous gagnez de l’argent en recommandant les produits des autres. Vous capitalisez sur la confiance et la pertinence, pas sur la pression.

Son parcours : du droit à l’entrepreneuriat

Nina démarre en licence de droit. Elle découvre l’univers “business en ligne” via YouTube. L’idée l’attire, mais elle sécurise son plan.

Elle se donne deux ans. Objectif : se former à l’affiliation et vérifier si elle peut en vivre au moment du diplôme.

Au début, les résultats restent modestes. Elle gagne environ 5€ par semaine pendant un an à un an et demi. Puis elle accélère. Elle se forme sérieusement. Elle investit dans des formations. Le déclic arrive.

Elle passe d’un petit revenu hebdomadaire à près de 1 000€ par mois. Le jour de son diplôme, elle peut vivre de son activité. La transition devient logique, pas impulsive.

Parler de son projet… ou le garder secret ?

Nina ne raconte pas son activité à tout le monde. Elle choisit selon les personnes.

Elle évite surtout celles qui risquent de projeter leurs peurs. Elle craint que leurs croyances la fassent douter. À l’inverse, elle partage plus facilement avec des amis proches, capables de soutenir même sans preuve.

Avec ses parents, elle attend des résultats. À l’époque, “être youtubeuse” et parler de cours en ligne paraît étrange. Elle préfère montrer des chiffres plutôt que défendre une idée.

Son autre choix clé : s’entourer de personnes déjà dans le milieu. Elle cherche un environnement qui normalise la réussite. Elle rejoint des événements, puis des séminaires à Paris. Elle se force à parler. Elle construit un cercle.

Une vision rare : liberté avant millions

Nina ne court pas après le business “bling-bling”. Elle veut une vie simple. Elle assume un rythme tranquille. Elle travaille souvent l’après-midi, rarement le matin. Elle adapte aussi selon la météo et son énergie.

Son principe : la liberté ne se résume pas à gagner plus. Elle se mesure aussi au choix de son temps. Elle préfère une activité alignée plutôt qu’un empire qui l’épuise.

Elle refuse aussi une croyance : “il faut travailler dur pour réussir”. Elle vise plutôt les actions à fort levier. Pour elle, ce sont surtout :

  • publier des vidéos YouTube,
  • créer des offres cohérentes,
  • optimiser ce qui convertit.

Le syndrome de l’imposteur : comment elle l’a dépassé

Au départ, Nina ne se sent pas légitime pour vendre une formation. Elle a peur des critiques, des remboursements, du jugement. Elle adopte une stratégie rassurante : vendre les produits des autres.

Puis elle teste un petit produit à elle. Un PDF sur la rupture conventionnelle, vendu 7 €. Elle réalise une vente en cinq minutes. Ce mini succès change tout.

Ensuite, ses proches la poussent. Ils lui disent que l’affiliation n’est pas si facile pour tout le monde. Elle comprend qu’elle a une compétence réelle.

Malgré cela, elle attend trois ans avant de lancer sa première vraie formation. Elle veut “faire parfait”. Elle a le profil “bonne élève”. L’affiliation la protège du service client, donc elle reste longtemps dans cette zone de confort.

L’affiliation : pour qui, et à quelles conditions ?

Selon Nina, l’affiliation peut convenir à beaucoup de profils. Mais elle n’est pas magique.

Vous avez plus de chances si vous :

  • supportez le travail sur ordinateur,
  • gérez les bases techniques,
  • acceptez la répétition,
  • publiez même sans résultat immédiat.

Le plus gros blocage n’est pas la stratégie. C’est l’abandon. Beaucoup publient une première vidéo, ne vendent rien, puis arrêtent.

Nina insiste : il faut tenir assez longtemps pour que les contenus s’installent. L’affiliation récompense la régularité, pas l’impatience.

Commencer petit : pourquoi Amazon reste une bonne école

Nina conseille souvent de démarrer avec des produits à faible commission. Exemple : l’affiliation Amazon. Les commissions sont petites, mais les ventes arrivent vite. Cela prouve que le système fonctionne. Et cette première preuve relance la motivation.

Elle partage aussi une astuce : inciter la personne à ajouter le produit au panier. Le cookie standard dure 24 heures si l’achat est immédiat. Mais si le produit reste dans le panier, la durée peut aller jusqu’à 90 jours. Cela augmente vos chances de toucher la commission plus tard.

Autre avantage : vous gagnez aussi sur les autres achats du même jour. L’affiliation devient alors cumulative.

Affiliation YouTube : la version vidéo du comparatif SEO

Vous faites peut-être déjà de l’affiliation via un blog. Nina fait l’équivalent sur YouTube.

Le principe est direct :

  1. un internaute cherche un avis sur YouTube,
  2. il tombe sur votre vidéo,
  3. il se rassure,
  4. il clique sur votre lien en description,
  5. il achète.

La vidéo ne doit pas ressembler à une récitation. Nina mise sur l’énergie et l’authenticité. Elle parle “à chaud”, après test. Elle explique ce qu’elle aime et ce qu’elle aime moins. Elle montre des avantages et des limites.

Sur YouTube, l’émotion compte. Le spectateur sent si vous êtes convaincue. Cette sincérité devient votre argument de vente.

Les dérives du secteur : promesses, lifestyle et contenus creux

Nina se dit en décalage avec une partie du marketing actuel. Elle critique :

  • les promesses d’argent rapide,
  • les “boutons magiques”,
  • les titres sensationnalistes,
  • le culte du lifestyle,
  • les formations chères livrées par d’autres.

Elle observe aussi une mutation forte : le contenu court domine. On scrolle. On consomme. On retient peu.

Or, la vente sérieuse repose souvent sur la confiance. Et la confiance se construit mieux avec du contenu long. Elle note d’ailleurs une baisse importante de ses vues, malgré 68 000 abonnés. Certaines vidéos font seulement 200 à 300 vues.

Elle teste donc TikTok, mais à sa manière. Elle recycle du long en court. Elle publie sans danser. Elle cherche un compromis entre codes modernes et identité personnelle.

L’éthique en affiliation : comment rester droit dans ses baskets

Un dilemme revient souvent : recommander le meilleur produit, ou celui qui rémunère ?

Nina répond avec une logique simple : elle recommande ce qu’elle pense être le meilleur pour elle. Elle admet une limite : elle ne peut pas tout tester. Mais elle reste honnête sur son expérience.

Elle conseille une approche plus saine : ne pas faire un classement “absolu”. Préférer un avis personnel, contextualisé. Exemple : “mon avis après 5 ans d’utilisation”. Vous évitez ainsi les hiérarchies artificielles. Vous renforcez aussi la transparence.

Bonus d’affiliation : la stratégie qui booste les conversions

Nina utilise une tactique très efficace : offrir un avantage à ceux qui passent par son lien.

Cela peut être :

  • un PDF,
  • un mini coaching,
  • un accès bonus,
  • ou un avantage financier.

Son constat est clair : le bonus financier convertit souvent mieux. Les gens préfèrent récupérer une partie de votre commission. Ils l’utilisent comme ils veulent. C’est concret, immédiat, sans friction.

Elle anticipe même le paiement. Elle verse le bonus avant de recevoir sa commission, en s’appuyant sur sa trésorerie. Cette rapidité augmente la confiance et réduit l’hésitation.

Diversifier ses revenus : la leçon d’une mauvaise surprise

Au début, Nina dépend de une ou deux sources d’affiliation. Un jour, des partenaires stoppent leur programme, sans explication. Ses revenus chutent. Elle comprend le risque.

Depuis, elle multiplie les sources :

  • ses propres formations,
  • la publicité YouTube,
  • des commissions récurrentes (abonnements logiciels),
  • des commissions ponctuelles (lancements),
  • Amazon (même modestement).

Elle observe aussi un problème spécifique à la vidéo : un lien peut devenir obsolète. Une page change. Une offre disparaît. La vidéo continue pourtant de tourner. Vous devez donc prévoir une structure de liens robuste, et surveiller vos redirections.

Les chaînes YouTube “sans visage” : jusqu’à 1 000 € par mois

Beaucoup veulent faire de l’affiliation sans apparaître. Nina prouve que c’est possible. Elle crée des chaînes en voix off, avec des slides.

Elle utilise des outils comme Canva avec IA : elle fournit un script, l’outil génère un diaporama structuré. Ensuite, elle enregistre l’écran et sa voix. Elle publie.

Résultat : certaines chaînes à moins de 1 000 abonnés rapportent entre 500 € et 1 000 € par mois, sans face cam.

Sa stratégie de contenu varie :

  • chaînes d’autorité sur un seul outil,
  • chaînes “test” sur des sujets variés,
  • volume au début, puis ralentissement quand les vidéos rankent.

Elle peut publier une vidéo par jour au lancement. Puis une par semaine. Puis presque plus rien. Le référencement prend le relais.

J’ai aussi parlé de ces chaînes sans visage avec Hervé Delagne :

Sa routine : pas de routine, mais une méthode simple

Nina refuse l’agenda rempli de blocs. Cela la stresse. Elle préfère une organisation légère.

Son fonctionnement : écrire la veille trois tâches pour le lendemain. Elle travaille souvent dès 14h, jusqu’au dîner, puis parfois un peu le soir.

Elle garde aussi un principe anti-burnout : si elle ne le sent pas, elle reporte. Elle préfère avancer lentement, plutôt que s’épuiser vite.

Pour prioriser, elle suit son intuition : demandes clients, commentaires, tendances, lectures, conversations. Elle planifie rarement au-delà de quinze jours, car tout bouge.

Les chiffres : une réalité loin des fantasmes

Sur sa chaîne principale, Nina publie environ deux vidéos par semaine. Certaines font autour de 300 vues. Elle estime environ 2 500 vues mensuelles sur cette base récente.

L’objectif principal n’est pas l’affiliation directe. Elle pousse vers une formation gratuite. Elle collecte l’email. Puis une séquence automatique propose sa formation payante.

Ses revenus de formations ont baissé depuis le Covid. Elle pouvait atteindre 7 000 à 10 000 € par mois. Aujourd’hui, elle tourne plutôt autour de 3 000 € mensuels sur ses produits.

Côté affiliation, elle cumule :

  • deux chaînes autour d’un même produit : environ 1 000 € / mois,
  • système récurrent : 300 à 500 € / mois,
  • petits lancements : environ 200 € / mois,
  • une autre affiliation logicielle : environ 100 € / mois,
  • Amazon : 50 à 100 € en bons cadeaux,
  • pub YouTube : environ 150 € / mois.

Elle insiste : ce sont des “petites rivières” qui s’additionnent.

Ce qu’il faut retenir si vous débutez

Si vous partez de zéro, Nina ferait une seule chose : recréer une chaîne YouTube.

Elle rappelle aussi un point essentiel : la concurrence ne doit pas vous paralyser. Votre différence, c’est votre personnalité. Plus vous êtes singulier, plus vous pouvez attirer un public fidèle.

En affiliation, vous n’avez pas besoin d’être “vendeur”. Vous devez être clair, utile et sincère. Vous devez publier. Vous devez apprendre. Et surtout, vous devez durer.

C’est souvent là que tout se joue.

Nina Habault
Article écrit par
Nina Habault est experte en marketing d’affiliation, entrepreneuriat en ligne et création de revenus passifs. Depuis 2013, elle accompagne celles et ceux qui souhaitent gagner de l’argent sur internet en recommandant des produits et services, sans avoir à créer leurs propres offres.